Fiche technique


IC 10 : À travers les brumes de la Voie Lactée…
Si les grandes spirales comme Andromède (M31) ou le Triangle (M33) sont les stars du Groupe Local, IC 10 en est l’enfant terrible. Discrète, chaotique et masquée, elle est pourtant l’un des objets les plus actifs de notre voisinage galactique immédiat.
Découverte tardivement en 1887 par l’astronome américain Lewis Swift, IC 10 a longtemps gardé ses secrets. La raison ? Sa position. Située dans la constellation de Cassiopée, elle se trouve presque parfaitement alignée avec le plan de notre propre Voie Lactée.
Pour l’observer (et la photographier), nous devons regarder à travers l’épaisseur du disque galactique. La poussière interstellaire de notre propre galaxie agit comme un filtre dense, atténuant sa lumière et rougissant ses couleurs. Sans cette « extinction interstellaire », IC 10 brillerait probablement avec une magnitude bien supérieure à ses timides ~10.4.
C’est donc un vrai défi de révéler ses détails à travers ce brouillard cosmique : le champ d’étoiles est omniprésent.
On cherchera ici en vain la symétrie apaisante d’une belle spirale. IC 10 est une galaxie naine irrégulière, distante d’environ 2,2 millions d’années-lumière. Elle ressemble davantage au Petit Nuage de Magellan qu’à M31. Mais ne vous fiez pas à son apparence désordonnée : c’est une usine à gaz en surrégime.
IC 10 est la galaxie àflambée d’étoiles (Starburst) la plus proche de la Terre. Contrairement à la plupart des galaxies qui forment des étoiles à un rythme de croisière, IC 10 consomme ses réserves de gaz frénétiquement.
- Elle possède la plus forte densité d’étoiles Wolf-Rayet connue dans tout le Groupe Local. Ce sont des étoiles massives, chaudes et en fin de vie, qui expulsent de la matière violemment avant d’exploser en supernovæ.
- Elle baigne dans une gigantesque enveloppe d’hydrogène neutre, bien plus étendue que sa partie visible, qui alimente cette production stellaire effrénée.
En imagerie, cela se traduit par la présence de nombreux grumeaux rouges caractéristiques : ce sont les vastes régions HII ionisées par le rayonnement UV intense de ces jeunes amas stellaires. Sur notre image, ce sont ces « phares » rouges qui trahissent la présence de la galaxie à travers la poussière cosmique.



